jeudi 27 octobre 2011

« GALAXIE »


- Saperlipopette ! - S’exclama-t-elle à nouveau - Je ne me souvenais plus que vous aviez fait dans la SCIENCE-FICTION.
- Moi non plus ! Vous êtes certaine que c’est moi qui ai pondu cette image ?
- Bien sûr ! L’identité du couple ne laisse aucun doute à ce sujet !
- Ah, d’accord… Mince alors ! Je me suis dessiné des oreilles de VULCANIEN. C’est très bizarre car je n’ai jamais vraiment aimé les vulcaniens.
- Allons : soyez ouvert à la différence ! J’imagine qu’il est inutile que je vous demande pour quelle maison d’édition vous avez réalisé ce travail ?
- Aucune idée, bien sûr ! Mais, savez-vous, j’ai commencé dans ce genre.
- Par représenter des vulcaniens lubriques ?
- Ne m’accablez pas plus encore que ne le fait déjà ce dessin. Ce que j’essaye de vous dire, c’est que j’ai commencé ma carrière dans « GALAXIE » et que les œuvres de Cordwainer Smith, Poul Anderson, John Wyndham, Isaac Asimov, Michael Moorcock, Philip José Farmer ou Daniel F. Galouye n’avaient aucun secret pour moi.
- Ça, c’est un SCOOP ! Et pourquoi avez-vous finalement rejoint les cohortes du « ROMAN NOIR » ?
- M’en souviens plus.
- Remarquez, c’était peut-être préférable !

- Mister Smith, pourvoyeur éclairé en artillerie non-déclaré, représente une transition idéale pour en revenir à votre sale petit commerce personnel et à l’instrument de travail le plus utilisé pour l’accomplir : le pistolet.
- Ou le revolver, selon les écoles.
- Vous n’êtes pas ici pour faire une conférence sur les qualités et défauts des uns comparés aux autres et, par conséquent, donner de mauvais conseils. Lesquels pourraient susciter de funestes vocations !
- Saperlipopette ! Je n’y avais pas songé mais vous avez entièrement raison. Puis-je cependant préciser que ce « Tueur sous le métro-aérien de Chicago » tient un Mauser C96, le même modèle qu’acquit à Londres, en 1898, le jeune lieutenant Winston Churchill avant de partir au Soudan.
- Et ce dessin servit pour... ?
- Ah ça, je me rappelle : une belle affiche de promotion, très rare, pour les Éditions N&O.
- Le Trench-coat est fort bien dessiné : encore un « Burberry » ?
- Ah ! Cessez de me poignarder avec des saucisses chaudes: j'ai déjà assez fait de publicité pour ces ingrats sans que vous ne les citiez encore !

mardi 25 octobre 2011

« Je m’appelle Smith : un nom pratique et qu’on retient facilement ! »


- Finalement, même pas !
- Même pas, mais quoi ?
- Ce n’était pas une couverture pour les éditions N&O.
- Non ? Et pour qui, alors ?
- Aucune idée ! Ce dont je suis sûr, c’est que Jean-Pierre J* hérita d’un rôle dans « Lüger et Paix ».
- Celui d’un fourgue en artillerie non-déclarée.
- Un commerce prospère qu’il exerçait sur les quais et dans la plus grande discrétion. Le texte, écrit par Richard D. Nolane et moi-même, disait:
Old Jamaïca Embankment…
« Je m’appelle Smith : un nom pratique et qu’on retient facilement ! »
« Ça ira pour Smith. Moi c’est Wesson : deux noms qui vont très bien ensemble ! Je peux voir votre camelote. »
« Mais comment donc !... Pour commencer, un Grand Classique… »

- Vraiment ? Vous vous en rappelez ainsi ?
- Quoi donc ?
- De cette soirée dans la « gentry » avignonaise et dont vous écrivez qu’elle était, je vous cite, « emplie de curieuses turpitudes »: c'est dégueulasse !
- Résolument !
- Non, ce qui me révolte, c'est que je n’en garde aucun souvenir! Par contre, je me remémore chaque détail de la scène qui précéda, tandis que nous nous préparions…
- Je vous en prie !
- Tranquillisez-vous: tous ces secrets, je les ai chuchotés dans l’anfractuosité d’un vieil arbre, dans la forêt de cèdres qui domine Fontaine de Vaucluse.
- Et vous avez bien refermé avec de la terre ?
- Aucune indiscrétion n’est à craindre de ce côté.
- Parfait.
- C’est curieux la mémoire : comme si tout ce qui n’était pas lié à des émotions s’effaçait peu à peu… Ce qui est certain, c’est que nous rencontrâmes, au cours de la nuit qui suivit, cet amateur éclairé de JAZZ. Lequel s’était donné pour mission de promouvoir le cinéma de Russ Meyer…
- Nous lui sommes redevable de nous avoir fait découvrir Jim Hall, Ron Carter, Art Farmer…
- Steve Gadd aussi. Et puisque nous parlons cymbales et charlestons, nous fîmes la connaissance, par son entremise et dans ce restaurant qui nous tenait lieu de cantine, le Mas de Curebourg, d'un homme excessivement charmant : Daniel Humair.
- D’ailleurs le voilà.
- Daniel Humair ?
- Non, mon pauvre ami: notre MENTOR en matière de jazz, Jean-Pierre J* himself ! C’était une couverture pour qui ?
- Diable ! Me souviens plus… Par contre, notre début de soirée, juste avant de nous rendre à cette « PARTY », m’inspira à de nombreuses reprises…
- Vous allez encore me faire rougir!

« SINFONIA »


- Mais, devant tant de crimes, ne ressentez-vous jamais, tout au fond de vous, comme une gêne obscure ?
- Pas du tout: « Il faut vous avouer que, à la suite d’une mauvaise chute de cheval, j’ai perdu toute espèce de sens moral ! »… Ah ! Une manière plus originale de faire passer le goût du pain à des gens qui pouvaient se révéler trop bavards.
- Des confidences étouffées sous l’oreiller, pour ainsi dire! C’était pour cette collection dirigée par François Guérif et Stéphane Bourgoin, aux très éphémères éditions « SINFONIA ».
- Comment s’appelait ce garçon qui les avait fondées ?
- Ah ! Celui qui, d’Avignon, avait révélé au public français l’œuvre de Russ Meyer: Jean-Pierre J*.
- Voilà. Nous l’avions rencontré lors d'une soirée mondaine et qu’il animait avec une formation de jazz...
- Lui-même au poste de batteur…
- C'était un très grand admirateur de Roy Haynes dont il avait le style, je crois. Mais c'est si lointain: je me trompe peut-être...

samedi 22 octobre 2011

PSYCHOSE


- Et voici, en quelque sorte, le contre-champ de l’image précédente.
- Dont le modèle, celui pour l’assassin, était certainement le tenancier d’un certain Motel dont l’enseigne clignote sur une route désertée.
- Motel dominé par une de ces maisons de caractère et que l’on nomme « Victoriennes ».
- Voilà ! Depuis ce fameux film, les salles de bain sont devenues un lieu des plus mortifères et prendre une douche reste un exercice dont peu de jeunes femmes femmes sortent indemnes. A commencer par celle-ci, Pélagie Rosier, ex-danseuse légère (plus connue jadis sous le nom de Lola-Lola) et que l’on retrouvera coupée en morceaux dans une malle en osier!
- Cela, vous venez de l’inventer. Pour en revenir à des choses plus sérieuses, cette modèle que j’avais, pour vous, recrutée dans un magasin de chaussures…
- Un magasin de chaussures, vraiment ? Elle y travaillait comme le personnage de Fabienne, dans « Baisers Volés », et qui disait à cet affreux Doinel: « Vous dites que je suis exceptionnelle... Oui, c'est vrai... Toutes les femmes sont exceptionnelles, chacune à leur tour... »
- Pourquoi affreux ?
- Elle lui demandait ensuite : « Vous aimez la musique, Antoine? » et il répondait : « Oui monsieur! » avant de s’enfuir comme un voleur…
- Naturellement: se conduire ainsi vis-à-vis de Delphine Seyrig est assez impardonnable. Mais revenons à la triste réalité, la votre : j’avais donc recruté cette modèle et, malgré bien d’autres poses que vous aviez réalisées avec elle, elle n’eût jamais d’autres emplois que celui de « jeune femme terrorisée dans une salle de bains ».
- Un emploi à plein temps ! Ici dans « La Mort de Jim Licking » de Leo Latimer (Léo Malet), puis elle hérita d'une silhouette dans « L'Été Noir! » (appelé aussi l'Album Maudit), d'une figuration dans la nouvelle version de « La meilleure Façon de Tuer son Prochain » et enfin PSYCHOSE 2 de Robert Bloch car on ne sort jamais d'une telle malédiction!

Whitechapel


- Ah, non : vous exagérez.
- A quel sujet ?
- Sur le fait que ce soit complètement FADA de se demander quel genre de musique peut bien écouter un personnage.
- Bah ! C’est le propre de tous les FADAS.
- Quoi donc ?
- De s’imaginer qu’ils sont beaucoup moins FADAS que ce que l’on dit généralement d’eux-même ! Votre histoire, c’est un peu comme si un scénariste se demandait sous quel signe sont nés ses personnages.
- Pourquoi pas ? Il y eut bien deux sœurs jumelles nées sous le signe des gémeaux !
- Sornettes ! Et pourquoi pas nées toutes deux de père inconnu et, cela ne se verrait pas, mais quand elles seraient nues, elles auraient toutes deux au creux des reins, un grain de beauté qu'il avait sur la joue, c’est FOU !... Ta ! Ta ! Ta ! Revenons à votre carrière criminelle, c’est plus convenable. Combien de sanglants assassinats avec des couteaux ?
- Seulement cinquante quatre: je trouve ça limite barbare !
- Ma foi, dans une cuisine, au cours d’un différent à la fois conjugal et culinaire, c’est souvent le premier argument qui tombe sous la main!
- C'est humain ! Non, ce que je pointe du doigt et condamne, ce sont les sales types à tête de brute et qui se baladent nocturnement, avec un grand couteau de boucher…
- Dans le quartier de Whitechapel ?
- Par exemple.